
Vestige du Temple de Dea Icaunis (50/50 cm)
Plus ou moins consciemment – plutôt moins que plus ! – j’ai décidé un jour, il y a plus de dix ans, de me consacrer à une recherche à la fois affective, mais aussi technique, en étendant de la terre humide sur diverses trames, divers squelettes métalliques résistants à la chaleur.
Le fond d’une mare asséchée semble le meilleur exemple visuel du comportement de l’argile qui se rétracte en abandonnant son eau. L’ensemble tout d’abord uniforme se disjoint en multiples îlots aux formes aléatoires, en fonction de certaines contraintes physiques.
Cette fragmentation volontaire de la terre, liée à son retrait est évocateur de sentiments contradictoires : chaque module est détaché des fragments voisins mais paradoxalement définitivement ancré à ces derniers par le squelette métallique qui le sous-tend et le fixe avec la plus grande solidité.
Puis, lorsque le regard s’éloigne de la surface de la terre, le tout reprend une cohésion sans faille par l’appartenance de chaque fragment à un ensemble dont je suis à la fois l’observatrice et l’organisatrice.
M. Torrents